Souveraineté numérique : une urgence
« Reprendre le contrôle de notre destin numérique » : c’est ainsi que le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, justifie la migration prochaine de 2,5 millions de postes gouvernementaux de Windows vers Linux.
Et pour cause : depuis le Cloud Act de 2018, l’État américain est en droit de réclamer à Microsoft comme à toute autre entreprise américaine, de lui fournir les données qu’il héberge, où que soient situés ses serveurs et quand bien même ces données appartiendraient à un autre État.
Une vulnérabilité majeure, dont d’autres pays européens avaient déjà pris conscience : avant la France, l’Autriche et le Danemark avaient déjà annoncé migrer respectivement vers Nextcloud et Linux, des solutions en open source.
Les entreprises, elles aussi, sont de plus en plus nombreuses à prendre en compte le critère de la souveraineté dans leurs choix, notamment en optant pour des fournisseurs de cloud français ou européens. C’est le cas de Yousign, qui a quitté AWS et Microsoft Azure pour OVHcloud, ou de France Télévisions, qui a sélectionné Scaleway.
Pour les entreprises qui souhaiteraient sauter le pas, quatre conseils de bon sens ⤵️
✅ Recenser les services et types de données, en précisant, pour chacun, leur degré de sensibilité, leur taille et les besoins de sécurité afférents.
✅ Se doter d’une cartographie des acteurs français du numérique offrant une sécurité accrue vis-à-vis d’acteurs hostiles. L’ANSSI en recense trois : OVHcloud, 3DS Outscade et Oodrive.
✅ Établir un plan d’action détaillé pour la migration des serveurs et outils collaboratifs et procéder avec précaution, en prenant le temps nécessaire.
✅ Plus largement, acculturer l’entreprise et les équipes aux enjeux de sécurité numérique et investir dans la formation à l’usage de ces nouveaux outils.
À l’heure où les trois principaux acteurs américains du cloud se partagent 80 % du marché européen, cette prise de conscience généralisée est une excellente nouvelle. Car, comme le rappelle David Amiel, « la souveraineté numérique n’est pas une option ».