Manipulations de l’information : les démocraties sont vulnérables

« Les manipulations de l’information (…) sont devenues des instruments à part entière de confrontation stratégique ».

C’est par ces mots qu’Emmanuel Macron introduit la Stratégie nationale de lutte contre les manipulations de l’information 2026-2030, publiée le 11 février dernier par le Secrétariat Général de la Défense et de la Sécurité Nationale. Si ce document concerne la réponse de l’État aux attaques informationnelles, de nombreux parallèles peuvent être établis avec le monde de l’entreprise. Car, pour les entreprises comme pour l’État :  

✅ Ouverture rime avec risque. À l’échelle nationale, notre démocratie, par la liberté d’opinion et de parole qui la caractérisent, prête le flanc aux attaques. Il en va de même pour l’entreprise, qui doit donc s’efforcer de trouver et maintenir un équilibre entre ouverture et sécurisation de son activité.

✅ C’est dans les périodes de vulnérabilité que les attaques informationnelles se font les plus virulentes : campagnes électorales ou crise majeure pour l’État, introduction en bourse, publication des résultats, lancement d’un produit, implantation à l’étranger ou crise de réputation touchant un dirigeant pour l’entreprise.

Les attaques informationnelles cherchent à fragiliser les repères communs et semer la confusion, le doute ou la suspicion en instrumentalisant des thèmes polarisants, du climat aux mœurs en passant par les clivages politiques. À la clé : saper la confiance, ciment des relations sociales et condition indispensable de l’activité économique pour les entreprises.

 Mais les entreprises, comme l’État, ne sont pas démunies face à ces menaces. Elles peuvent s’en prémunir :

✅ en mettant en œuvre, à chaque incident, le triptyque « détection, attribution, réponse » ;

✅ en cultivant des liens étroits avec les acteurs publics pour optimiser la réactivité et l’efficacité de la réponse en cas d’offensive informationnelle ;

✅ en ayant conscience de leur rôle dans la sauvegarde des intérêts nationaux et des libertés fondamentales.  

Car, comme l’écrit le chef de l’État en préface de la Stratégie, « la force des régimes autoritaires est de pouvoir contrôler l’information ; la force des démocraties est de pouvoir la confronter ».

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