Quand les armées s’intéressent à la guerre économique

« L'objectif est de soumettre l’adversaire en le rendant dépendant ».

C’est ainsi que le Ministère des Armées et des Anciens Combattants décrit la guerre économique dans une note dédiée à ce sujet et rendue publique le 23 janvier dernier.

Cette parution est un signal : celui d’une prise de conscience par les Armées de l’importance croissante de la dimension économique dans les affrontements entre grandes puissances.

 Le ministère y attire l’attention sur les quatre grandes modalités de la guerre économique : 

✅ Les attaques capitalistiques (rachats ou prise de contrôle), qui exploitent les fragilités financières d’une entreprise stratégique pour s’approprier son savoir-faire, sa propriété intellectuelle ou ses sites de production.

✅ Le lawfare (guerre juridique), qui consiste à instrumentaliser le droit pour contraindre son adversaire. Preuve de l’évolution des rapports entre l’Europe et les États-Unis, le ministère n’hésite pas à prendre en exemple l’ITAR, cette régulation américaine qui verrouille l’accès aux technologies militaires.

✅ Les cyberattaques, pouvant chercher tant à perturber les activités d’une organisation qu’à capter ses données sensibles.

✅ La guerre informationnelle, qui vise à déstabiliser un adversaire par la diffusion d’informations portant atteinte à son image ou à la probité de ses dirigeants. 

Se prémunir de ces risques commence par prendre conscience de l’état d’agressivité extrême qui caractérise désormais l’activité économique. Le message du Ministère des Armées est clair : l’environnement mondial traverse une transformation majeure ; la guerre économique est aussi une composante des guerres hybrides que des États hostiles peuvent mener ; les acteurs économiques doivent le savoir et s’y préparer.

Précédent
Précédent

Élections municipales et tentatives de manipulation

Suivant
Suivant

Manipulations de l’information : les démocraties sont vulnérables