L’énergie : talon d’Achille de l’Europe ?

Cinq jours de blackout : c’est ce qu’ont vécu 100 000 Berlinois, début janvier, après qu’un groupe d’activistes anticapitalistes a incendié une installation électrique au sud de la capitale, mettant au jour l’impréparation des autorités et la vulnérabilité du réseau local.

À des milliers de kilomètres de là, la Chine érige son réseau électrique en priorité stratégique pour se prémunir de toute dépendance à l’étranger, en même temps qu’elle investit massivement dans les réseaux européens et façonne les normes internationales en la matière, comme le détaille un rapport de l’IRIS pour la DGRIS publié le mois dernier.

Ces deux actualités n’ont en apparence rien à voir. Pourtant, elles montrent toutes deux l’importance croissante que revêt, pour les États, la capacité à s’appuyer sur des réseaux énergétiques robustes, sécurisés et étanches aux tensions géopolitiques. Une nécessité pour protéger les acteurs économiques nationaux, dont la compétitivité est conditionnée par la disponibilité d’une énergie abondante, fiable et peu coûteuse. Une nécessité stratégique, aussi, dans un contexte géopolitique dégradé.

L’aspiration des États à la souveraineté énergétique ne peut se concrétiser sans la participation des acteurs industriels. Ceux-ci ont besoin, en retour, de deux éléments clés :

Une visibilité de long terme. Les lourds investissements propres au secteur de l’énergie nécessitent une stabilité des politiques énergétiques. Plusieurs décennies sont nécessaires pour amortir une centrale nucléaire, et près de quinze ans pour démanteler un réacteur à eau pressurisée.

Une aide à la protection des infrastructures énergétiques. Les entreprises ont besoin du soutien des acteurs publics pour sécuriser ces actifs critiques et vulnérables, dans un contexte de multiplication des actes malveillants et d’intensification de la guerre hybride en Europe.

La souveraineté énergétique ne se décrète pas, elle se construit au long cours !

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