Guerre en Iran et résilience : quelle stratégie ?
Jusqu’où la guerre en cours au Moyen-Orient ira-t-elle, et dans quel état laissera-t-elle l’économie mondiale ?
Un récent rapport de l’OCDE, intitulé « La résilience à l’épreuve », fournit de premiers éléments de réponse en analysant les effets en cascade de ce conflit sur une économie mondiale dont la croissance s’était maintenue en 2025.
👉 La fermeture du détroit d’Ormuz et la détérioration de nombreuses infrastructures énergétiques ont provoqué une flambée des prix du pétrole, du gaz et d’autres produits essentiels ainsi que des pénuries susceptibles de peser sur la production dans certains pays.
👉 Si elle se prolonge, la crise pourrait désorganiser les chaînes d’approvisionnement mondiales (notamment celles des engrais) et raviver l’inflation, laquelle pourrait dépasser 4 % dans les pays du G20 au deuxième trimestre.
S’y ajoutera peut-être un autre risque, absent de l’analyse de l’OCDE : celui d’un recul des investissements dans l’#IA sous l’effet de la perturbation de l’approvisionnement en hélium et en puces. Une mauvaise nouvelle alors que l’IA joue désormais un rôle important dans la croissance économique mondiale.
Face à des perspectives économiques fragilisées et à une multiplication des risques, les entreprises doivent renforcer leur résilience, définie comme « la capacité à retrouver un état d’équilibre après un événement exceptionnel ».
Comment ? En se donnant trois mots d’ordre :
👉 Gestion du risque stratégique : une compétence essentielle et souvent mal comprise. Il ne s’agit pas uniquement d’une approche assurantielle et ponctuelle mais d’une posture stratégique : comment se prémunir et réagir face à des événements qui présentent un risque vital pour l’entreprise ? Une culture, une planification et des processus à développer grâce à un travail en profondeur, pour que l’urgence ne capte pas toutes les ressources humaines, financières et productives de l’entreprise.
👉 Sécurité énergétique : les entreprises doivent réduire leur dépendance aux énergies fossiles importées (notamment, dans l’industrie, en accélérant sur la voie de l’électrification) et viser une plus grande efficacité énergétique.
👉 Agilité : c’est cette qualité qui permettra aux entreprises de s’adapter face à la crise, qu’il s’agisse de diversifier leurs fournisseurs et d’en vérifier la fiabilité ou d’ajuster rapidement leurs capacités de production.
Mais la résilience ne se pense pas en vase clos ; elle doit être conçue et articulée collectivement, à l’échelle de la société. La Revue internationale et stratégique, dont le dernier numéro propose un abécédaire de la résilience, souligne ainsi, à juste titre, « l’exigence d’articulation des échelons (local, national, européen) et des responsabilités (civiles et militaires) ».