La résilience à la portée de tous : l’exemple de la Suède
« Nous nous préparons au scénario du pire : une attaque armée contre la Suède ou ses alliés ». Ainsi débute le guide de résilience récemment adressé par le gouvernement suédois aux entreprises du pays.
De cette publication, nous tirons trois enseignements clés :
✅ Le renforcement du continuum de défense « société – entreprises – Armées ». En invitant les entreprises à contribuer à l’effort de défense national, ce guide s’inscrit dans la stratégie suédoise de défense totale, à la fois militaire et civile. La Suède a réinstauré le service militaire obligatoire dès 2017 et des milliers de citoyens servent dans la réserve, formant ainsi une architecture de sécurité continue allant des forces armées jusqu’aux entreprises. La résilience de ces dernières et la continuité des affaires occupent une place majeure dans le modèle suédois. Comme l’exprime clairement le guide, « en cas de crise ou de guerre, les entreprises suédoises jouent un rôle décisif dans la résilience de notre société ».
✅ La nécessité, pour les entreprises, de se préparer matériellement mais aussi moralement.
Au-delà de fournir des recommandations organisationnelles concrètes, ce type de document permet aussi de préparer psychologiquement les dirigeants d’entreprise à la survenue de risques inédits. Il leur prodigue des conseils d’ordre psychologique, abordant notamment la nécessité de manager différemment leurs équipes en temps de crise et l’effet que l’anxiété peut avoir sur leurs salariés.
✅ La nécessité de planifier les cas extrêmes. Le guide invite enfin les entreprises à faire l’hypothèse d’un scénario complexe, marqué par une perturbation des communications, des paiements et des transports, un accès limité à l’énergie et des coupures d’électricité de longue durée. L’objectif : que les entreprises et la société suédoise soient prêtes à supporter une guerre d’au moins trois mois. Une démarche bénéfique même en temps de paix, puisque, comme l’indique le guide : « Quand votre entreprise est prête à fonctionner en temps de guerre, elle est également mieux équipée pour gérer une pandémie, une catastrophe naturelle et autres crises pouvant survenir en temps de paix ». Qui peut le plus le moins !
Ces principes peuvent inspirer des entreprises au-delà des frontières suédoises, à l’heure où les acteurs économiques évoluent dans un environnement de plus en plus compétitif, où les logiques de conquête, de prédation, voire d’affrontement s’intensifient.